Julien Viaud qui deviendra Pierre Loti est né en
1850 à Rochefort. Très tôt il s’attache à l’île d’Oléron, le pays de
ses ancêtres maternels grâce à sa grand-mère, sa tante et sa mère qui
lui racontent des histoires de là-bas. Chaque année, avec sa famille,
il visite les trois tantes qui demeurent sur l’île. En 1858, il reste
deux mois à La Brée. Dans " Le Roman d’un Enfant ", il parle de " ses
plages (qui) s’étendent sans aucune courbure…Des pêcheurs bruns (qui)
y habitent ". Il va à la plage, se fait de nombreux amis avec qui il
va pêcher des " jambes " avant de repartir le 15 septembre pour
Rochefort. A Pâques 1860 et 1861, il passe chez ses tantes ses
dernières vacances à Oléron. En 1866, avant de s’embarquer pour trois
ans, il revient dans l’île en septembre " pour faires (ses) adieux à
(ses) tantes de Saint Pierre qu’(il) n’avait pas vues depuis plus
d’une année ". (extrait de Prime Jeunesse)
dessin représentant Pierre Loti d'après le Douanier Rousseau
Ensuite commencent ses longs
voyages autour du monde. Il reviendra sur son île en 1879, 80, 81 lors
de brèves escales. En juin 84, ce sera pour marcher sur la Grand’Côte
pendant trois jours. En 1888, il y fera acheter des souvenirs de
famille car il ne peut lui-même assister à la vente aux enchères des
biens de sa cousine.
Maison des aïeules
C’est en 1898 qu’il va acheter " l’antique demeure
familiale " Il visite l'île avec son fils Samuel. " C’est un petit
hameau tout blanc, tout blanc, d’une blancheur orientale, avec des
portes et des fenêtres vertes " Ainsi nous décrit-il Saint Pierre dans
" La maison des aïeules ". Mais il n’habitera jamais cette maison et
il décide de la louer à un pasteur.
Il reviendra en visites rapides dans l’île en 1911,
1912, 1913, en quelque sorte en pèlerinage. " Je passe ces deux
journées, avec Samuel, en pèlerinage dans l’île d’Oléron, à la Maison
des aïeules, à La Cotinière, St Georges, La Brée. Le calme de ce pays
me reprend de plus en plus… " (revue Pierre Loti N°26)
En 1919, suite à sa décision de reposer après sa mort
à Saint Pierre dans le jardin de la Maison des aïeules, il revient à
Oléron pour effectuer les démarches nécessaires. "
Là au moins, je serai tranquille dans la bonne paix de la campagne,
loin de tous, à l’abri des curiosités profanes. " dit-il à ses amis.
En août, il écrit sa demande au Conseil Municipal. L’autorisation lui
est accordée le 27 septembre.
Décédé le 10 juin 1923 à Hendaye, il
est rapatrié à Rochefort où il repose un moment dans la Salle
Renaissance, puis il est transporté dans l’île à bord de l’aviso
Chamois et inhumé au fond du jardin de la Maison des aïeules le 16
juin.
En 1950, une souscription
est lancée pour ériger un buste à la gloire de Pierre Loti. Ce buste
se trouve actuellement devant la Mairie de Saint-Pierre.
La maison des aïeules,
conformément aux souhaits de Loti, n’est pas ouverte au public. Une
plaque à l’entrée de la demeure le signale : " Selon les dernières
volontés de Pierre Loti, il n’y a pas de visite "
Si Pierre Loti a beaucoup
voyagé, il aussi beaucoup écrit, voici quelques-unes de ses œuvres:
-Aziyadé (1879) qu’il publie anonymement
-Le Roman d’un Spahi (1881) qu’il signe Pierre Loti
-Pêcheur d’Islande (1886), un de ses plus grands succès
-Madame Chrysanthème (1887) "le journal d’un été de (sa) vie"
-Le Roman d’un enfant(1890) récit de ses années d’enfance
-Ramuntcho (1897) qu’il adaptera au théâtre.
-Le château de la belle au Bois dormant où se trouve entre autres "La maison des aïeules"
On peut lire aussi tous ses récits de voyages dans la collection
Bouquins chez Robert Laffont, ainsi que les deux tomes de son journal
intime publiés en 1925 et 1929.